Affronter le VIH/SIDA au Mozambique

La communauté de Notre Dame de Fatima, à Beira, fait du travail pastoral  dans 12 communautés chrétiennes, et dans l’une d’elles je suis responsable de visiter les malades avec les ministres de l’Eucharistie de la paroisse. Ces  visites se font chaque samedi parce que les communautés sont grandes et il y a beaucoup de malades.

Je voudrais partager l’histoire de Rosita, une belle jeune fille de 14 ans, qui vivait avec sa grand-mère parce que, quand elle avait 10 ans, ses parents et ses deux frères sont morts du SIDA. A ce moment-là elle est allée vivre chez sa grand-mère. Après quelques temps d’études elle a commencé à se sentir mal. La grand-mère l’a conduite au centre de santé où on a diagnostiqué SIDA et tuberculose. Elle a reçu un traitement et a dû rester à la maison.

La grand-mère devait aller à la ferme pour avoir quelque chose à manger et elle laissait Rosita seule avec un peu de nourriture qu’elle devait prendre avec les médicaments. Le traitement était tellement fort qu’elle ne pouvait même pas marcher, et c’est à ce moment-là que nous avons fait sa connaissance et que nous avons commencé à l’aider avec de la nourriture et des visites plus fréquentes.

Un jour elle est venue dans la communauté et nous avons noté une nette amélioration. C’était une grande joie de la voir marcher et sourire. Elle désirait revenir au catéchisme pour faire sa première communion, et elle a demandé aussi à retourner à l’école.
Tout cela devait se faire l’année suivante car l’année scolaire était déjà bien avancée. Après 4 mois, je fus appelée par la grand-mère car Rosita n’allait pas bien. Nous sommes parties chez elle où nous l’avons trouvée avec une tumeur, un sarcome de kaposi, cancer qui se présente souvent chez les malades du SIDA. Son mal était très avancé, elle ne pouvait pas manger et se tenait prostrée dans son lit, sans force et très faible. J’ai été très impressionnée de voir la tumeur à drainer, dans des conditions de mauvais état nutritionnel et de mauvaise hygiène. Elle pleurait avec colère et me disait : « Pourquoi moi ma sœur... ».

Ces paroles firent écho dans mon cœur. Le lendemain je la conduisis à l’hôpital central de la ville et avec l’aide de quelques amies nous avons trouvé un lit, de la nourriture pour elle et la grand-mère, et 3 unités de sang pour la transfusion. Rosita a recommencé à sourire et à espérer guérir. Mais l’espérance fut de courte durée, elle n’a pas supporté la transfusion et est morte rapidement car la maladie était déjà bien avancée et le manque de soins l’avait mise dans une situation critique. Un ange de plus au ciel. Il reste la douleur et la solitude de la grand-mère. Pour elle la vie n’a plus de sens. Elle était le pilier de la maison et la famille s’est effondrée.

C’est l’histoire de Rosita. Beaucoup d’autres, à côté de nous, perdent la vie à cause de cette pandémie qui frappe le peuple africain.  Certains jeunes refusent de suivre le traitement, par honte et crainte que les gens parlent, par peur d’être tenus à l’écart par ceux qu’ils aiment. Parfois ils se cachent jusqu’à ce que la mort les prenne. Notre mission est de sensibiliser toute la population pour que les gens fassent le test et accepte le traitement afin qu’ils aient une vie plus digne et plus humaine, telle que Dieu la veut pour chacun de ses enfants.

Notre mission est de défendre la vie là où elle est menacée. Qu’en cette année de la Miséricorde, Dieu nous donne la grâce de manifester cette miséricorde à tous les malades qui souffrent des conséquences du SIDA.

Gloria Zegarra Casapia, fmm

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