Miséricorde de Dieu vécue à l’aumônerie d’hôpital

Un jour au service des longs séjours, j’ai rencontré une dame qui m’a dit qu’elle était chrétienne mais pas pratiquante. Pourtant elle venait de me dire qu’elle priait Dieu tous les jours avant de dormir. Donc je lui ai demandé pourquoi elle dit qu’elle n’est pas pratiquante.
Elle m’a répondu qu’avant elle pouvait participer à la messe du dimanche mais maintenant elle ne peut plus y aller. Alors je lui ai dit : « Vous savez, parce que vous ne pouvez plus venir à l’Eglise, l’Eglise nous envoie vers vous pour vous nourrir par sa Parole et par sa présence. L’Eglise ne vous a pas oubliée. Et en priant ensemble nous faisons l’Eglise. Car Jésus Christ a dit : « Là où il y a deux ou trois personnes réunies en mon nom, je serai parmi vous. » Alors Il est présent parmi nous et même si vous ne pouvez pas aller à la messe à cause de votre santé, vous êtes pratiquante. Car vous m’avez dit que vous priez Dieu tous les jours. » Elle était émue avec ses yeux mouillés en me témoignant combien Dieu était présent dans sa vie et était son soutien dans les moments plus difficiles.

Un autre jour, une autre dame pour qui je porte la communion m’a accueillie avec beaucoup de joie en me disant : « quand vous venez me voir, je pense à Dieu qui s’occupe de moi et Il ne m’a pas oubliée » Oui c’est cela pour elle la présence d’un aumônier. Une autre dame en long séjour, après la communion m’a dit : « le Seigneur me suit partout où Je vais » J’étais heureuse à mon tour d’être là envoyée par l’Eglise comme signe de sa présence. 

J’aime bien imaginer l’Eglise comme l’Arche d’Alliance qui marche devant le peuple d’Israël au désert et l’Eglise comme le pont qui veut rejoindre les frères et sœurs isolés. L’Eglise se déplace et envoie pour son peuple égaré, blessé, fatigué, endeuillé. Pour moi, l’aumônerie à l’hôpital c’est cela. Là certaines personnes malades expérimentent que Dieu est pour eux comme un bon Samaritain qui n’est pas indifférent à leurs malheurs et leurs épreuves. Il les approche et les soigne par l’huile de consolation.
Dans ce sens-là, le livre du pape François sur la miséricorde me parle beaucoup comme une invitation pour nous tous : « L’Eglise sera encore davantage appelée à soigner ses blessures, à les soulager avec l’huile de la consolation, à les panser avec la miséricorde et à les soigner par la solidarité et l’attention. »

Sœur Maria fmm, Oullins

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