Devant un berceau vide

 Une maternité est un lieu où les femmes viennent accoucher et donner la vie. Mais ce lieu de vie peut être pour certains couples la première confrontation à la mort… un bébé décédé spontanément ou par décision d’interruption de grossesse pour cause médicale. Un événement douloureux pour ces familles.

C’est par un travail de groupe, guidé par un psychologue, que s’affine notre manière de les accompagner. Souvent, le temps des funérailles est le lieu où une parole, un pardon peuvent se dire et ils sont écoutés dans le respect du cheminement mystérieux de chaque personne présente. L’important dans ce décès périnatal est de donner une réalité à l’enfant décédé, une dignité dans notre société, une place dans la famille et de permettre à ses parents de trouver un sens à cet événement, impensable, de leur vie.

Pour la préparation du rite d’A-Dieu, les parents trouvent eux-mêmes les mots, les gestes, les chants, les paroles de Dieu, les textes pour ce moment important qui leur permet de commencer le deuil de cet enfant qui portait leurs projets, leur avenir, leur amour. Notre place d’aumônier catholique nous demande de veiller à différencier leurs paroles de celles que nous annonçons au nom de Jésus-Christ mort et ressuscité. La perte de ces « petits anges », comme les surnomment de nombreux parents, peut être fondatrice pour leur vie et pour nous-mêmes. Tout notre être passe par ces parcours d’accompagnements inachevés… L’Autre les poursuit.                                                                            

L’appel du pape François à porter le Christ vers les périphéries de l’Église me rejoint dans cette mission. C’est une invitation à dépasser le superficiel, à écouter ce que nous dit l’Esprit dans le monde d’aujourd’hui. Une invitation qui touche la mission mais aussi notre propre chemin spirituel. Aussi est-ce, pour moi, plus une manière de vivre qu’une simple mission à laquelle je suis envoyée.

Sr Véronique Boucher, fmm

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