Un chez-soi loin de chez soi !

« Dieu m’a conduite là pour vivre avec des gens bien. Maintenant je suis heureuse et en paix ». A., une pauvre veuve de 67 ans, est arrivée chez nous à la suite d’une fracture de la jambe. L’affection, la gentillesse, le service désintéressé de nos sœurs, l’atmosphère paisible et heureuse de la Maison de Retraite, lui ont donné un nouveau désir de vivre, et aujourd’hui elle est comblée et se réjouit de partager avec tous le positif qui l’entoure.

Mr D., 83 ans, un angloindien de Calcutta est arrivé chez nous. Au début il lui a été difficile de s’ajuster à cette nouvelle situation, aussi après une semaine, il est reparti. Dix jours plus tard on nous l’a ramené, criant de douleur avec une jambe cassée. Nous l’avons soigné, conduit dans notre hôpital et nous lui avons procuré tous les soins nécessaires. Finalement nous l’avons ramené en voiture à la Maison de Retraite. Malgré cela, Mr D. a fait une dépression et a commencé à avoir des excès de colère et à insulter tout le monde. Nous l’avons traité avec beaucoup de patience et l’avons encouragé. Lentement il a recommencé à marcher et aujourd’hui c’est un homme transformé. Dieu fait des miracles dans la vie de ceux qui viennent dans notre Maison. Nous devons Lui en être très reconnaissantes. Le parfum des fleurs se répand dans la direction du vent, mais la bonté d’une personne va dans toutes les directions. La Maison de Retraite St Thomas a été fondée à la demande de Monseigneur James Mendone le 7 octobre 1972 pour le centenaire de St Thomas, Apôtre de l’Inde. S. Francine et S. Mary ont été les pionnières sous le leadership de Mère Klemens, alors provinciale, et ont ouvert la Maison de Retraite avec trois femmes aveugles, dans un vieux bâtiment en ruines. Lentement et sûrement beaucoup de personnes, abandonnées et vivant dans la rue ou sur les quais, ont trouvé un foyer loin de chez elles.

Les sœurs sont restées là, avec eux, comme des pauvres, avec le minimum pour vivre, dans des conditions assez misérables. Aujourd’hui une communauté de 10 sœurs, jeunes et anciennes, s’occupent de 65 femmes et hommes qui sont cassés, blessés, physiquement et psychologiquement, mentalement dérangés et rejetés par les leurs.

Sans tenir compte de la caste ou de la religion, les sœurs s’occupent d’eux. Leurs soins, accompagnés d’affection et de tendresse, font des miracles dans la vie de ces pauvres indigents, rejetés par tous. Ils participent à la célébration eucharistique, à l’adoration quotidienne et à la récitation du chapelet. Le Parole de Dieu leur est lue et expliquée chaque jour. Ils prennent tous part aux événements de la Maison que ce soit des repas, des prières, des célébrations ou des décès. Il règne une grande unité.

C’est une mission pleine de défis d’être pendant 24 heures à la disposition de personnes négligées, abandonnées, rejetées, de les soigner et d’allumer en elles les lumières de la foi et de l’espérance. Nous répondons à tous leurs besoins, physiques, psychologiques et spirituels. Une aide et des conseils psychologiques sont donnés par les frères du séminaire St Paul et par les étudiants des collèges voisins préparant une Maitrise en sciences sociales (MSW). Notre hôpital ‘Child Jesus’ (Jésus¬Enfant) s’occupe de leurs besoins physiques. Ils ont aussi des moments récréatifs et festifs pour Noël, la Nouvelle Année, Pongal, la Fête de l’Indépendance, Pâques, Noël Deepavali, la Journée Mondiale des Femmes, etc. Tous les événements significatifs sont célébrés.

Les sœurs les accompagnent dans leur dernier voyage et les aident à se réconcilier avec Dieu et avec tous. Dieu est notre source éternelle. La Maison peut vivre grâce à la miséricorde, la compassion et la générosité de nos bienfaiteurs. Beaucoup de gens viennent voir les sœurs pour demander des prières pour différentes intentions, et certains laissent une offrande.
Nous sommes touchées par la façon dont l’un de nos bienfaiteurs éduque ses enfants à aider les pauvres. Il a 4 filles et a donné à chacune une boîte dans laquelle elle met, pour les pauvres, une partie de son argent de poche ou bien le résultat de ses privations. A la fin de chaque année ces jeunes collectent leurs économies et les apportent à la Maison de Retraite afin que nous les utilisions pour nos pensionnaires. Quelle leçon de partage !

Quelques¬uns de nos bienfaiteurs sont charitables et compatissants et nous trouvons devant notre porte des sacs contenant du riz, du sucre, des légumes ou d’autres produits. Nous remercions le Seigneur et ces familles généreuses et nous prions pour elles. C’est une joie de voir ces bienfaiteurs, envoyés par Dieu, offrir libre¬ ment leur obole, et c’est aussi une joie de voir que nos frères et nos sœurs moins privilégiés sont bien soignés et sont heureux !

Rita Pinto, FMM

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