FMM, insérées dans la ville d’Alep – Syrie

Jusqu’à maintenant, notre quartier est resté calme et nous ne manquons de rien. La seule difficulté que nous rencontrons c’est d’assurer le mazout (le fuel) surtout pour le chauffage en hiver. Le départ des familles, et surtout des jeunes, fuyant le service militaire, nous inquiète beaucoup…
 
Alep ne cesse de se dépeupler, surtout de ses chrétiens. Cinq ans de guerre ont eu raison de la détermination de beaucoup de familles, parties pour démarrer une nouvelle vie ailleurs. De presque 130.000 chrétiens qui vivaient à Alep avant la crise, il n’en reste probablement que 30.000. Quant à la majorité de ceux qui sont restés, ils sont sans cesse confrontés à la question lancinante s’ils doivent s’exiler ou non. Une réponse assez calmante pour beaucoup d’entre eux, serait les informations qu’ils recueillent de la part de certains immigrants récents, manifestant leur insatisfaction dans les pays où ils se sont exilés.
 
De toute façon, les Aleppins qui continuent à survivre ont apparemment démontré une capacité de résilience extraordinaire. Quelques-uns en s’adaptant, d’autres en acceptant leur sort sans se lamenter et quasiment tous sont devenus fatalistes. Ils continuent à vaquer à leurs occupations ou à circuler dans les rues même quand les obus tombent : “Que ce soit chez moi ou dans la rue, si je dois être atteint, je le serai."
 
Dans ces conditions difficiles, que devient alors notre mission ?
Vivre en solidarité avec les sinistrés, les aider, soulager un peu de leurs souffrances, raviver les braises de leur espérance dans ce tunnel sombre et sans issu depuis cinq ans… Accompagner, consoler, engendrer un sourire, donner de l'espoir et du réconfort aux gens qui en ont tant besoin dans ces circonstances inouïes, c’est un peu cela que nous essayons de faire chaque jour. Parfois, il n’est pas du tout facile ! La quantité des besoins et des services est tellement amplifiée à tel point qu’on se sent complètement impuissantes.
 
Notre maison est un lieu de rencontres inter-religions, un oasis de paix et un lieu de repos, de joie et d’encouragement. Nous accueillons tous les groupes : des familles, des écoles secondaires ou primaires, des universitaires, les scouts de différentes églises et les scouts musulmans, … ils viennent pour passer une journée, pour un camp ou pour des sessions.
 
Nous avons eu la joie d’offrir notre grande chapelle pour le diocèse maronite pour célébrer les liturgies de la Semaine Sainte car leur cathédrale se trouve dans une région dangereuse et inaccessible et bien endommagée par les obus. La chapelle et le hall étaient pleins. C’était une grande joie pour nous de rendre ce service à l’église et aux Aleppins qui n’ont pas fêté dans le calme et la solennité depuis cinq ans.
 
Grâce à ce regard tendre et infiniment miséricordieux de Celui qui est devenu pour nous pauvre et nu, suspendu sur la Croix de la folie inhumaine du mal, que la désespérance ne trouve pas chemin à nos cœurs, et que nous continuons avec amour et enthousiasme la mission qu’Il a daigné de partager avec nous.
 


Siham Zgheib, fmm
La communauté d’Alep
 

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